La tourmente

Ulysse dans la tourmente (Mel Vadeker,1999)
http://vadeker.net/recueil/ulysse.html

Extrait (…)

Il arrive que certaine nuit soit plus pénible que d’autre, je récite alors :

Etre ou ne pas être 
Telle est la question 
Que le fou se pose 
Je suis pour me prouver 
Que j’existe même si 
Le doute m’étreint 
Je suis car je ne suis pas 
Je suis car j’etais 
Je suis car je vie 
Pour me voir survivre 
Pour me libérer 
Pour me détacher 
Etre ou ne pas être 
Telle est la question 
Que le génie se pose 
Je suis pour me sauver 
De l’étendue désertique 
Même si le temps perdu 
Renforce l’épreuve 
Je suis car je survis 
Je suis car je serai 
Je suis car je vie 
Pour me voir conquérir 
Pour me renforcer 
Pour m’enrichir 
Etre ou ne pas être 
ce n’est plus la question 
 

Comment vas-tu sortir de l’odyssée ? Comment vas-tu faire pour en sortir vivant ? Comment vas-tu faire pour t’évader ? Une seule réponse me vient à l’esprit : j’ai entretenu l’espoir qu’il y aurait l’espoir qu’un jour je respirerai à l’air libre.

Il ne  reste plus qu’a maintenir le cap jusqu’au bout de soi. C’est la puissance de la chair qui fera de mon corps le véhicule de cette victoire spirituelle. Victoire de l’esprit sur la matière, victoire de la chaire sur l’acier, victoire de l’imagination sur la volonté. J’utilise la force que je ne connais pas, ces ressources cachées que je sens démesurées mais que j’ai peur d’appeler à chaque fois que ma vie est en danger. Me que faire ? Me reste-t-il le choix ? Comment faire autrement quand la mission n’est pas accomplie ?

Seul dans l’errance, ce dont j’ai le plus besoin, c’est de cette rigueur, de cette discipline ascétique pour m’affronter moi-même. Les dangers sont nombreux dans la confrontation avec soi-même, mais quand il y a le doute, il n’y a plus de doute. J’extermine alors sans ménagement mon reste d’hésitation, la moindre parcelle de faiblesse. Je suis alors l’exécutant, ma fonction est faite de l’action concrète.

Je ne peux plus perdre de temps maintenant car je suis déjà allé trop loin. Il y a une limite dans le cœur de tout homme, un point de rupture que j’ai franchi depuis longtemps. Je sais depuis que la limite entre le génie et la folie est aussi fine que le fil d’un rasoir à main.

J’ai rêvé d’une vie glissant sur le fil du rasoir et survivre sans une égratignure. C’est ma vie, c’est mon cauchemar. Je ne pense qu’a sortir de l’enfer où je me suis enfermé. Maintenant je sens une certaine unité, maintenant je sens un certain pouvoir. Je suis devenu un guerrier qui lutte pour sauver sa peau, intervenant au grès des courants et explorant les rivages. Je résisterai au déséquilibre moral jusqu’à la délivrance, jusqu’au retour au foyer près de ma bien-aimée. (…)

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