La mélancolie selon Guardini

Je suis à chaque fois émerveillée des trésors que je peux trouver sur ma route. Qui sait peut-être sont-ils déposés ingénieusement sur mon chemin ?

Cette fois-ci j’aimerais mettre en lumière un tout petit livre, à peine 91 pages incroyable de profondeur et de sa sagesse. Il s’agit du livre de Marie de Hennezel Loin des doctrines, à l’écoute de l’âme. Sagesse d’une psychologue. 

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En voici un extrait : “C’est alors que l’on me parla d’un petit livre de Romano Guardini, De la mélancolie. L’approche originale de ce philosophe allemand changea radicalement ma manière d’écouter la souffrance de Jean. Guardini soutenait l’idée que le sens de la mélancolie, ses véritables racines se situait dans le domaine spirituel. “La mélancolie est la douleur causée par l’enfantement  de l’éternel dans l’homme (…), elle est l’inquiétude que provoque chez l’homme la proximité de l’éternel.”

La mélancolie révèle que nous sommes des êtres limités qui vivons côté à côté avec l’absolu. Lorsque l’histoire ou le développement affectif d’un individu ne lui permet pas d’accepter ses limites, lorsque l’extrême sensibilité de son être se heurte au caractère impitoyable de l’existence, lorsque la nostalgie de l’absolu est trop forte, l’impossibilité d’y avoir accès le jette alors dans une amertume profonde, que rien ne peut apaiser. Ainsi voisinent, chez le mélancolique, désir d’accomplissement et désir d’anéantissement. “Puisque je ne peux atteindre cet absolu que je sens si proche, je préfère disparaître”. “Une entrave intérieure, venue de l’âme, pèse sur ce qui d’ordinaire, jaillit, vibre, et agit librement. La spontanéité de la décision, la capacité de tracer des contours nets et vigoureux, de porter sur les choses la main hardie qui leur donne forme – tout cela tourne en fatigue, en indifférence. L’homme n’est plus maître de la vie. Il ne participe plus à la marche en avant qui le presse. Les évènements s’enchevêtrent autour de lui ; son regard ne sait plus les pénétrer. Il n’est plus capable de dominer un évènement de sa vie. La tâche se dresse devant lui comme une montagne impossible à gravir.”

 

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